Studio Georgeville recently had the pleasure of showing metal sculptures by Melbourne artist Jean-Marc Tétro, so Georgeville freelance writer Heather Paterson decided to visit Tétro and learn more about his work. We earlier posted the original English version of her article, but we wanted to post a French version, too. The English version can still be read in our web archives.

Jean-Marc Tétro (le pseudonyme Tétro est une contraction de « Tétreault ») est un homme qui vit avec son art au sens propre. Il y a six ans, il acheta un entrepôt abandonné à Melbourne et s’y installa, déplaçant des murs et ajoutant une cuisine, une salle de séjour et des chambres à coucher à côté de son studio. Lui rendre visite, c’est rendre visite à son art métallique : des pièces complétées ou en cours font partie du décor, tandis qu’en tournant un coin ou en regardant au bas des escaliers, l’on peut apercevoir des barreaux et des feuilles métalliques, sa matière première, et la machinerie industrielle qu’il utilise pour tordre et former les métaux, créant sculptures et autres objets.
La taille des pièces de Tétro varie, allant de petites sculptures à des monuments, en passant par des tables, des lampes, des escaliers, des rampes d’escalier, des grilles, des bornes décoratives et de l’art public. L’on peut mieux apprécier ses grosses pièces à l’extérieur où leur taille, leur style naturel, ainsi que leurs gris et bronzes resplendissants s’harmonisent aux rochers, aux collines et aux arbres. De plus, ses rampes d’escalier et ses grilles — dont les formes rappellent celle de branches délicates et de vrilles — se marient particulièrement bien à la forêt et autres environnements naturels.
Urbanistes, architectes et collectionneurs s’arrachent les grandes pièces de Tétro. Ses grilles et ses monuments magnifiques font partie de la vie quotidienne des gens vivant à Sherbrooke et autres villes des Cantons de l’Est. Les revenus que lui apportent ses contrats lui permettent de consacrer une partie de son temps à ses œuvres personnelles; œuvres qui sont en perpétuelle évolution. « Je passe beaucoup de temps à réfléchir à la prochaine œuvre. Ces œuvres sont profondément liées à ma quête spirituelle. Par elles, j’essaie d’exprimer ce processus. »
L’art de Tétro peut être très exigeant physiquement, mais cela ne l’a jamais empêché de se donner pleinement ou d’accepter de nouveaux défis. En fait, son engagement à se plonger dans la vie et dans l’art lui a coûté cher. Âgé de plus de cinquante ans, il a survécu non seulement au cancer du cerveau et de la gorge, mais aussi une crise cardiaque. Ces adversités, causées en partie par le stress relié au besoin de satisfaire l’immense demande pour ses œuvres, étaient, en fait, un bien : elles l’ont forcé à examiner sa vie. Dès lors, il décida de réduire son entreprise et de mettre l’accent sur sa santé. Jadis, il avait 7 ou 8 employés, mais maintenant il travaille seul et a une meilleure idée de la quantité de travail qu’il peut gérer.
Enfant, Tétro passait beaucoup de temps à dessiner. Son intérêt et son talent furent reconnus par une tante qui peignait et celle-ci poussa ses parents à encourager sa créativité. Bien que, plus jeune, il détestait l’école, Tétro décida de prendre l’art au sérieux vers la fin de l’adolescence, plongeant dans l’art et le dessin. Pendant une décennie, il étudia l’art au CÉGEP, suivit des cours particuliers avec l’artiste/enseignant Jacques Lajeunesse et voyagea en Europe pour s’imprégner des œuvres classiques.
Ayant un sens tactile développé, Tétro peigna avec de l’acrylique des tableaux de plus en plus tridimensionnels avant de se tourner vers la joaillerie et la sculpture. En ce moment, il travaille sur un hommage au peintre de Melbourne Frederick Simpson Coburn. Il est en train de produire une représentation sculpturale du thème préféré de Coburn : les chevaux et les traîneaux dans un paysage estrien. De façon appropriée, il compte montrer son œuvre en métal gigantesque dans ce même paysage.
Voir la dernière œuvre de Jean-Marc Tétro, c’est s’émerveiller de l’énergie et de la force de l’artiste qui l’a conçue. Le plaisir qu’il tire de la création et de la vie est évident.